Le principe : une question ouverte donne plus qu'une question fermée
« Est-ce qu'il va revenir ? » appelle un oui ou un non, et aucun des deux n'est utile. « Qu'est-ce qui a fait qu'il est parti, et qu'est-ce qui reste ouvert entre nous ? » appelle une lecture de la situation, sur laquelle vous pourrez ensuite décider quelque chose.
La même différence vaut pour tous les domaines. Une question fermée cherche une prédiction ; une question ouverte cherche une compréhension.
Les questions qui donnent des réponses utiles
- Qu'est-ce qui bloque réellement cette situation, au-delà de ce que j'en vois ?
- D'où vient ce qui se répète chez moi depuis plusieurs années ?
- Quelqu'un pèse-t-il sur cette affaire, et de quelle manière ?
- Ce que je m'apprête à décider va-t-il dans le sens de ce qui me tient à cœur, ou contre ?
- Qu'est-ce que je ne vois pas dans cette histoire, et que tout le monde autour de moi voit ?
- Y a-t-il quelque chose à faire, ou est-ce une situation à laisser se dénouer seule ?
Les questions auxquelles aucun praticien honnête ne répond
Il faut le savoir avant d'appeler, pour ne pas prendre un refus de réponse pour une incompétence. C'est en général l'inverse.
- Une date précise : le jour d'un retour, d'une embauche, d'un résultat.
- Des numéros à jouer, une combinaison, un chiffre porte-bonheur.
- Le nom de la personne qui vous voudrait du mal. Un nom donné à tort détruit des familles.
- La durée de vie d'une personne, la sienne ou celle d'un proche.
- Ce que pense exactement quelqu'un, mot pour mot, à cet instant.
- Une question qui prépare une décision médicale, juridique ou financière : elle appartient au professionnel compétent.
Reformuler une question pour qu'elle serve
- « Est-ce qu'elle reviendra ? » devient « qu'est-ce qui reste entre nous, et qu'est-ce qui s'est refermé ? ».
- « Vais-je trouver du travail ? » devient « qu'est-ce qui fait échouer mes candidatures au dernier moment ? ».
- « Suis-je envoûté ? » devient « d'où vient ce qui se répète dans ma vie depuis trois ans ? ».
- « Dois-je le quitter ? » devient « qu'est-ce qui me retient dans cette relation, et est-ce que cela m'appartient ? ».
Dans chaque cas, la question reformulée porte sur ce qui est, non sur ce qui sera. C'est la seule matière sur laquelle une consultation peut travailler sérieusement.
Combien de questions par consultation
Une ou deux, pas dix. Une consultation qui traite huit sujets ne traite rien. Il vaut mieux repartir avec une réponse claire sur ce qui compte le plus qu'avec huit réponses vagues.
Si plusieurs domaines de votre vie sont bloqués en même temps, dites-le : c'est en soi une information, et il arrive que la même origine les explique tous.
Poser une question sur quelqu'un d'autre
C'est fréquent : un enfant en difficulté, un conjoint qui change, un parent malade. C'est possible, avec une limite constante : une consultation ne se mène pas contre une personne ni à son insu pour lui nuire, et une demande de ce genre est refusée.
Quand vous ne savez pas ce que vous cherchez
C'est une situation fréquente et elle n'est pas un obstacle. Beaucoup de personnes appellent en disant simplement que quelque chose ne va pas, sans pouvoir désigner quoi.
Dans ce cas, la meilleure entrée en matière n'est pas une question mais un récit : ce qui a changé, à partir de quand, et ce que votre entourage en dit. La question se dégage presque toujours d'elle-même en cours d'échange, et elle est rarement celle qu'on aurait formulée au départ.
Les questions sur l'avenir
Elles sont légitimes et il faut être précis sur ce qui peut en être dit. Une tendance, une direction, ce vers quoi une situation penche : oui. Une date, un montant, un résultat garanti : non, et personne ne peut le donner.
La différence tient à ceci : une tendance se lit dans ce qui existe déjà, tandis qu'une date suppose de connaître des décisions que les personnes concernées n'ont pas encore prises. Un praticien qui donne des dates ne lit pas mieux que les autres, il promet davantage.
Noter les réponses, et les relire plus tard
Écrivez ce qui vous a été répondu dans les heures qui suivent, avec les mots employés. La mémoire réécrit vite une conversation, en général dans le sens de ce qu'on espérait entendre.
Ces notes ont deux usages : vérifier trois mois plus tard ce qui a été tenu, et retrouver une phrase à laquelle vous n'aviez pas prêté attention sur le moment. C'est souvent celle-là qui prend son sens ensuite.
Une question par appel, le reste par écrit
Quand plusieurs sujets vous préoccupent, la meilleure méthode consiste à en traiter un seul de vive voix et à noter les autres.
Les questions écrites, envoyées par message entre deux points, obtiennent souvent des réponses plus nettes : elles sont plus précises, et elles ne se perdent pas dans le fil d'une conversation. C'est aussi la seule manière de garder une trace exacte de ce qui a été demandé et de ce qui a été répondu.
J'avais une liste de douze questions. On en a traité deux. Les dix autres n'avaient plus lieu d'être après.
Karine F., Amiens